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Kate Fayers-Kerr

Statut : Postdoctorante - Fondation Wiener-Anspach

ULB - Institut de Sociologie
avenue Jeanne 44 - CP 124 - 1050 Bruxelles
Bureau : S12.216
Tél. : +32-2-650 48 34 - Fax : +32-2-650 43 37
Email : kate.fayers-kerr@ulb.ac.be

Intérêts de recherche

Rituel et religion africaine ; histoire et anthropologie d’Afrique du Nord-est ; anthropologie africaine de l’esthétique et du corps ; culture matérielle africaine ; ethno-archéologie d’Afrique de l’Est ; anthropologie médicale, en particulier les techniques thérapeutiques et de substances, ainsi que les expériences sensorielles et écologiques de la maladie et de la guérison ; anthropologie de l’enfance, des modes d’apprentissage et de transmission culturelle.

Recherche : Je travaille avec approximativement 10.000 Mursi (Mun), population d’agro-pasteurs de la rivière Omo en Ethiopie du Sud-ouest, à 20 km du Sud-Soudan. Ils comptent parmi les nombreux petits groupes d’agro-pasteurs et agro-chasseurs-cueilleurs vivant au sein du site UNESCO. La Basse Vallée de l’Omo, où je fais des recherches depuis 2009, fait actuellement l’objet d’énormes transformations. Je m’intéresse indirectement à ces changements via deux projets de recherche. Mon projet actuel explore la façon dont les enfants Mursi apprennent sur eux-mêmes et le monde à travers des jeux et la scolarisation formelle et informelle, et les conséquences de l’interaction entre différentes pédagogies, expériences, personnes et cultures matérielles. Mon second projet examine comment la peinture corporelle participe à l’intégration des personnes au sein de leur communauté et de leur environnement, formant ainsi des personnes ayant une écologie corporelle qui peut supporter les difficultés survenant au sein de la communauté.

1. “Notre façon d’apprendre”  : la connaissance de soi, des autres et de l’environnement, dans l’éducation de la petite enfance Mursi. Si le savoir est lié à la certitude que les phénomènes sont réels et possèdent certaines caractéristiques (Berger et Luckmann 1971:13), que se passe-t-il lorsque se rencontrent différentes façons de savoir ? Les Mursi se débattent avec cette notion depuis un certain temps. Prenons par exemple les Mursi qui ont demandé à David Turton (2005:271) sur quel genre d’arbres poussent les perles de verre, et s’il est vrai que les fusils automatiques sont fabriqués par les forgerons vivant et travaillant sous l’eau. Ces questions reflètent une partie de la perplexité de la localisation rencontrée par les Mursi. J’explore ces questions en examinant comment les enfants Mursi apprennent à se connaître et à connaître un environnement social et naturel plus large. L’anthropologie de l’enfance est un domaine pertinent en ce qu’elle révèle de l’analyse sociale (Toren 1999:28). L’exploration de l’enfance et des processus d’apprentissage intergénérationnels, peut nous en apprendre beaucoup sur la façon dont la connaissance de soi et de sa communauté est acquise, créée, et transformée. J’explore comment les enfants interagissent de façon créative avec le monde à travers leurs jeux et les tâches quotidiennes. Bien que les enfants soient rarement considérés comme une source potentielle de continuité culturelle, un examen plus approfondi révèle souvent que les enfants, sont fréquemment source de transmis de la culture, plutôt que les récepteurs de celle-ci. Ainsi, ma recherche contribue aux études anthropologiques suggérant que les jeunes et les enfants ne sont pas seulement des forces créatrices de changement, mais aussi un terrain fertile pour la continuité culturelle (Griaule 1938 ; Sarró 2008 ; Toren 1999). J’ai été en particulier inspirée par l’idée de Griaule : “une révolution abattra des cathédrales, mais ne voit pas comment elle empêcherait les enfants de jouer aux billes” (1938:2). La crise dans la mémoire culturelle et la transmission de la culture fait l’objet de nombreuses discussions parmi les anthropologues africanistes ainsi que chez les Africains d’aujourd’hui. Pourtant, l’importance accordée par certains à la “‘trope de la disparition’ a eu tendance à occulter les processus de la persistance culturelle et de transmission en cours, au sein de ces populations” (Berliner 2005:580). De même, Wendy James (1988) préconise depuis longtemps une approche plus subtile basée sur l’observation que les archives culturelles existent et pourraient refaire surface plus tard dans de bonnes conditions.

2 . Au-delà de la ‘Peau sociale’  : Arts de la guérison et boue sacrée des Mun (Mursi) du Sud-Ouest Éthiopien. Ma thèse de doctorat a examiné la façon dont les Mursi connaissent et manipulent les substances et techniques préventives et curatives de la peinture corporelle. Contrairement à ce que nous sommes venus à penser des pasteurs d’Afrique de l’Est, les Mursi ne sont pas seulement ontologiquement centrés autour du bétail, mais sont aussi amateurs de substances terreuses. Cette connaissance de la terre est au cœur de leur culture médicale et de leur vie religieuse. Alors que l’anthropologie de l’art corporel explore depuis longtemps la peinture corporelle en tant que moyen de modeler l’être social, de nombreuses communautés à travers le monde affirment également que la peinture corporelle peut présenter des avantages médicinaux. Je suggère que les anthropologues se penchent rarement sur ces affirmations locales parce que leur approche, basée sur l’importance théorique du corps en tant que lieu du social et du politique, minimise d’autres façons dont la corporalité s’accorde avec ses cycles de vie propres et plus larges. Au lieu de cela, nous avons besoin d’une approche qui prend en compte simultanément le corps biologique et social, tout en reconnaissant que “la personne est l’organisme” (Ingold 2000:3). Grâce à l’application quotidienne et rituelle de terre et d’argile, les gens harmonisent et accordent leur écologie corporelle à l’autre et à l’environnement local afin de réduire l’impact et la propagation des malheurs. Frotter des substances terreuses locales sur tout ou une partie du corps est localement considéré comme un moyen de s’adapter ou de devenir consubstantiel à la communauté et à l’environnement. S’appuyant sur des décennies de recherche réalisées David Turton parmi les Mursi, et inspirée par les approches environnementales de la vie sociale (Ingold 2000) et des études régionales qui relient expérience religieuse et écologie locale (Lienhardt 1961), j’aborde la peinture corporelle en ayant conscience des multiples façons dont les concepts et les pratiques corporelles contemporaines font allusion à un large éventail d’expériences écologiques, en ce que Hsu (1999 , 2007, 2009) appelle la body ecologic. Ayant réalisé une étude intime de la vie quotidienne et des rituels de cette communauté, je conclus que la pratique locale de la peinture corporelle et l’utilisations des substances terreuses, reposent sur un art corporel de la vie écologiquement sensible. Dans cette mesure, je m’intéresse à plusieurs pratiques de la santé ainsi qu’à l’art de vivre en symbiose avec son l’environnement.

Education :
- 2008-2013 Ph.D. en anthropologie sociale, Green Templeton College, Université d’Oxford. Titre de la thèse : “Beyond the Social Skin : Healing Arts and Sacred Clay among the Mun (Mursi)”
- 2007-2008 M.Sc. Anthropologie Médicale, Green Templeton College, Université d’Oxford.
- 2000-2004 B.A Archéologie et d’Anthropologie, Hertford College, Université d’Oxford.

Articles de revues
- (2012) “The ‘Miranda’ and the ‘Cultural Archive’ : From Mun (Mursi) lip-plates, to body painting and back again”, Paideuma 58:245-259
- (2014) "The Healing Arts of Body Painting : Lessons Learnt from Medical Anthropology”. (Special Edition of Journal of the Anthropological Society of Oxford online)

Critique des livres
- (2009) Ingold, T. & Hallam, E. (2007) Creativity and Cultural Improvisation. Oxford University Press : Berg Publishers. (Book Review). Journal of the Anthropological Society of Oxford Vol 1. No 2, 2009


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